Le saint du jour

Vendredi des Quatre-Temps d'Automne

Livre d'Osée 14,2-10.
Ainsi parle le Seigneur : Reviens, Israël, au Seigneur, car tu es tombé par ton iniquité.
Prenez avec vous des paroles, et revenez au Seigneur ; dites-lui : " Otez toute iniquité et prenez ce qui est bon ! Que nous vous offrions, au lieu de taureaux, les paroles de nos lèvres.
Assur ne nous sauvera pas, nous ne monterons pas sur des chevaux ; et nous ne dirons plus : " Notre Dieu ! " à l'œuvre de nos mains. Ô vous, en qui l'orphelin trouve compassion !
Je guérirai leur infidélité, je les aimerai de bon cœur ; car ma colère s'est retirée d'eux.
Je serai comme la rosée pour Israël ; il croîtra comme le lis, il poussera ses racines comme le Liban.
Ses rejetons s'étendront, sa gloire sera comme celle de l'olivier, et son parfum comme celui du Liban.
Ceux qui viendront se reposer à son ombre feront revivre le froment ; ils croîtront comme la vigne ; son nom sera comme le vin du Liban.
Ephraïm... qu'aurait-il encore à faire avec les idoles ? C'est moi qui lui réponds, qui le regarde ; je suis comme un cyprès verdoyant ; c'est de moi que procède ton fruit.
Celui qui est sage, qu'il comprenne ces choses, celui qui est intelligent, qu'il les reconnaisse ! Car les voies du Seigneur sont droites ; les justes y marcheront, mais les rebelles y tomberont.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 7,36-50.
En ce temps-là, un pharisien pria Jésus de manger avec lui. Il entra dans la maison du pharisien et se mit à table.
Et voici qu'une femme qui, dans la ville, était pécheresse, ayant appris qu'il était à table dans la maison du Pharisien, apporta un vase d'albâtre plein de parfum ;
et se tenant par derrière, près de ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à arroser ses pieds de ses larmes, et elle essuyait avec les cheveux de sa tête et embrassait ses pieds, et elle les oignait de parfum.
A cette vue, le Pharisien qui l'avait invité se dit en lui-même : " S'il était prophète, il saurait qui et de quelle espèce est la femme qui le touche, que c'est une pécheresse. "
Et prenant la parole, Jésus lui dit : " Simon, j'ai quelque chose à te dire. " Et lui : " Maître, parlez, " dit-il.
" Un créancier avait deux débiteurs : l'un devait cinq cents deniers et l'autre cinquante.
Comme ils n'avaient pas de quoi rendre, il fit remise à tous les deux. Lequel donc d'entre eux l'aimera davantage ? "
Simon répondit : " Celui, je pense, auquel il a remis le plus. " Il lui dit : " Tu as bien jugé. "
Et, se tournant vers la femme, il dit à Simon : " Vois-tu cette femme, ? Je suis entré dans ta maison, et tu n'as pas versé d'eau sur mes pieds ; mais elle, elle a arrosé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.
Tu ne m'as point donné de baiser ; mais elle, depuis que je suis entré, elle ne cessait pas d'embrasser mes pieds.
Tu n'as pas oint ma tête d'huile ; mais elle, elle a oint mes pieds de parfum.
C'est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés lui sont pardonnés, parce qu'elle a beaucoup aimé ; mais celui à qui l'on pardonne peu, aime peu. "
Et à elle, il dit : " Tes péchés sont pardonnés. "
Et les convives se mirent à se dire en eux-mêmes : " Qui est celui-ci qui même pardonne les péchés ? "
Et il dit à la femme : " Ta foi t'a sauvée, va en paix. "


La vocation monastique

Le monastère de Bellaigue est placé sous le vocable de Notre-Dame dans le mystère de son Assomption. Ce patronage nous rappelle que la Vierge glorifiée est notre modèle et que nous n’avons pas d’autre responsabilité à accomplir dans l’Église que d’anticiper dès cette terre la vie céleste de Marie qui se tient toujours devant la Face de Dieu. La vocation des moines est de communier à la vie que la Vierge Marie mène dans le Saint des Saints des Trois Personnes divines, puisque, à l’instar de la Reine de gloire, leur vie est toute consacrée à l’adoration, à l’action de grâces et à l’intercession.

« L’essentiel est d’installer la Sainte Vierge dans notre vie par voie de dépendance très intime. En lui donnant toute la place, on donne toute la place à Jésus. »

Dom Placide de Roton

Le mystère de l’Assomption est ce que nous devons vivre actuellement, et ce que nous vivrons éternellement. Puisse Notre-Dame de Bellaigue, notre Souveraine et notre Mère très aimante, nous prendre profondément en son Cœur Immaculé, pour que cachés en elle, nous soyons plus sûrement cachés avec elle dans le grand silence de Dieu. Qu’elle fasse de ses moines des vrais adorateurs, a n qu’ils ne soient de plus en plus que louange et offrande éternelle dans le secret de la Très Sainte Trinité. Maria protegente pervenies, c’est la devise de Bellaigue. « Avec la protection de Marie, tu parviendras ! »

La journée d'un moine

« Rien n’est petit dans la maison de Dieu, et quelque modeste, en apparence, que soit votre travail, si vous ne l’accomplissez pas bien, cela prouve que votre âme laisse à désirer devant le Seigneur. »

Mère Marie Cronier

3h15 : Réveil. Le réglementaire parcoure les couloirs des cellules avec une petite cloche pour réveiller les frères. Ceux-ci se rendent à l’église.

3h30 : Début de l’office des matines ou vigiles.

4h30 (5h les jours de fête) : retour en cellule et lectio divina. C’est une lecture silencieuse et méditée de la Sainte Écriture.

5h45 : Angélus puis Laudes.

6h15 : Temps de prière personnelle au chœur pour les frères. Messes privées pour les pères.

6h50 : Légère collation au réfectoire qui se prend debout et en silence.

7h45 : Office de Prime puis procession jusqu’à la salle capitulaire où le martyrologe du jour est lu ainsi qu’un passage de la Règle, commenté par le Père Prieur.

8h30 : Les frères se rendent à leurs différentes obédiences. Les étudiants et les novices ont leurs cours.

9h45 : Fin des cours, station dans le cloître et procession à l’église.

10h00 : Tierce suivie immédiatement par la messe conventuelle qui est toujours chantée.

11h20 : Reprise des cours pour les étudiants et les novices.

12h00 : Office de Sexte, examen particulier et Angélus.

12h15 : Déjeûner. À la fin du repas, procession et prières à l’église.

13h15 : Temps libre (sieste, lecture, oraison…).

14h00 : None.

14h15 : Travail manuel.

16h30 : Fin du travail. Lecture spirituelle.

16h55 : Station dans le cloître et procession à l’église.

17h00 : Vêpres, c’est l’office de la fin du jour suivi d’un temps d’oraison silencieuse à l’église.

18h00 : Collation (repas léger).

18h25 : Temps de lecture en cellule ou service de communauté.

19h00 : Chapitre du soir, la communauté se retrouve à la salle capitulaire pour y entendre une lecture.

19h15 : Office des Complies chanté par cœur dans l’obscurité. Ce bel office s’achève par le chant du Salve Regina. Début du grand silence qui ne sera rompu qu’après Prime le lendemain matin.

20h00 : Coucher et extinction des feux.

Les horaires des offices

HORAIRES OFFICES
03h30 Matines
05h45 Laudes
07h45 Prime
10h00 Tierce et Messe Conventuelle
12h00 Sexte
14h00 None
17h00 Vêpres
19h15 Complies
HORAIRES OFFICES
04h30 Matines
06h45 Laudes
08h45 Prime
11h00 Tierce et Messe Conventuelle
13h00 Sexte
15h00 None
18h00 Vêpres
20h15 Complies

Les chants monastiques

Le 15 octobre 2000, une poignée de moines, venus du lointain Brésil, pénétraient dans les vieux murs de l’abbaye de Bellaigue. À ces pierres silencieuses depuis deux siècles, à ce granit rugueux mais aux couleurs chatoyantes, des fils des premiers habitants de cette maison de prière, des fils de saint Benoît venaient rendre une âme : une âme, c’est-à-dire « une voix vivante » comme dirait sainte Hildegarde. Or une délicate attention de la Providence voulut que la liturgie de ce jour-là — qui était un dimanche — s’adaptât merveilleusement à l’événement. La messe du 18ème dimanche après la Pentecôte (peut-être à l’origine un ancien formulaire pour la dédicace d’une église ?) s’ouvre sur une vibrante invocation : Da pacem sustinentibus te et chante presque tout au long le bonheur qui envahit le coeur de l’homme quand il songe à la Maison de Dieu qui lui est préparée, telle un toit paternel.

La collecte, prière sacerdotale qui résume les voeux de l’Eglise en la circonstance, implore comme une grâce précieuse l’art de « plaire à Dieu ». On reconnaît là toute l’attitude d’âme de saint Benoît, qui, dans la fleur de son âge quitte tout pour embrasser l’unique ambition de « plaire à Dieu seul : soli Deo placere desiderans », écrit saint Grégoire.
Dès lors, la messe Da pacem demeure attachée à cette aventure, aventure de grâces et de prières, que constitue la renaissance, la résurrection de Bellaigue. Da pacem, Domine, sustinentibus : ceux qui attendent, ce sont tout à la fois ces pierres, désirant d’être réconciliées, rendues à leur ministère sacré pour redevenir un instrument de louange et de paix, et les moines eux-mêmes, dont la vie est une attente tranquille, une veille, les yeux fixés sur leur Seigneur, qu’ils cherchent, qu’ils poursuivent avec ardeur et persévérance, en témoins silencieux et immobiles de la sainte Espérance, de l’unique Amour, de la joie véritable, de la paix qui ne finit pas et dont les racines plongent dans le mystère de la vie de Dieu, dans le secret de l’éternité.

Pax œterna.

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